
Une approche coopérative pour l’avenir du tourisme européen
1) OBJECTIF
Développer une approche stratégique pour contribuer à la consolidation des conditions pour un tourisme durable de qualité et des entreprises touristiques européennes compétitives.
2) ACTE
Communication de la Commission du 13/11/2001. Une approche coopérative pour l’avenir du tourisme européen [COM (2001) 665 final - non publié au Journal officiel].
3) SYNTHàˆSE
Contexte
1. Le secteur économique du tourisme est caractérisé par la multitude de ses produits, destinations et acteurs. Ainsi, il existe environ 2 millions d’entreprises, surtout des PME (agences de voyages, tour opérateurs, transporteurs, hà´teliers, restaurateurs et autres). En prenant le chiffre d’affaires comme référence, plus de 80 % du tourisme est personnel ou familial (il s’agit dans seulement 20 % des cas d’un tourisme d’affaires). Malgré cet « éparpillement  » des entreprises, on peut constater une évolution vers une plus grande concentration, notamment dans le secteur hà´telier et les services relatifs à l’organisation de voyages.
2. Le tourisme est un des secteurs avec les meilleures perspectives d’avenir. Ainsi, le tourisme contribue de façon considérable à la croissance économique et l’emploi dans l’Union européenne (environ 5 % du PIB de l’UE et 5 % de l’emploi dans l’UE). Par ailleurs, sa croissance est continue et supérieure à la croissance de l’économie au sens général. Ceci peut être expliqué d’une part par le rà´le accru joué par le temps accordé aux loisirs dans la société (congés payés, vieillissement de la population etc.) et d’autre part, par la croissance économique dans le long terme. En outre, deux phénomènes peuvent être constatés : la grande majorité des activités touristiques sont domestiques (87 %) et l’Europe est la région la plus visitée du monde.
3. En màªme temps, le tourisme doit faire face à plusieurs défis importants : l’attaque terroriste du 11 septembre 2001 à New York et ses conséquences immédiates sur le tourisme mondial ont montré à quel point ce secteur est dépendant d’influences extérieures sur lesquelles il ne peut pas agir ; l’interdépendance des acteurs (agences de voyages, tour opérateurs, transporteurs, hà´teliers, restaurateurs et autres) ; le manque constant d’une force de travail suffisante pour certaines fonctions et qualifications ; l’évolution dans le secteur industriel des transports et son impact sur les flux, la qualité du service, le développement durable et la protection de l’environnement ; le rà´le des nouvelles technologies de l’information et de la communication (TIC) comme facteur de compétitivité ; l’impact des activités dans le secteur du tourisme sur les autres politiques de l’Union européenne comme les transports, le développement régional, la politique d’entreprise (par exemple : ouverture de nouveaux marchés pour les entreprises innovantes) etc.
Contenu
4. Le processus engagé suite à l’établissement d’un groupe de Haut niveau sur le tourisme et l’emploi en 1998, aux Conclusions du Conseil du 21 juin 1999 sur le sujet du « Tourisme et l’Emploi  » et à une Communication de la Commission du mois de juin 1999, a engendré une nouvelle dynamique entre les acteurs concernés (à‰tats membres, profession, société civile, Commission) sous la forme de mesures concrètes. Ainsi, le secteur du tourisme est largement considéré comme un facteur crucial pour la croissance et l’emploi. La nouvelle Communication veut contribuer à la consolidation de cette nouvelle dynamique.
5. L’approche stratégique, qui veut créer les conditions et apporter les éléments pour un tourisme durable de qualité et des entreprises touristiques européennes compétitives, est composée de plusieurs éléments : mieux exploiter les informations existantes et tirer profits des meilleures pratiques ; adaptation du secteur et de ses entreprises aux évolutions du marché (adaptation de l’offre touristique) ; intégrer les questions du tourisme dans les différentes autres politiques (interdépendance et approche horizontale) ; fixer des mesures concrètes et leurs coà »ts ; promouvoir l’utilisation des technologies de l’information et de la communication par les administrations, entreprises et organismes actifs dans le tourisme ; les actions menées doivent prendre en compte la méthode de coordination ouverte (échange de meilleures pratiques), les mesures et structures existantes, le respect du principe de subsidiarité (mesures communautaires seulement si les actions ne peuvent pas être réalisées de manière suffisante par les à‰tats membres), le plein partenariat des acteurs public et privés.
Mesures concrètes
6. Les mesures concrètes seront les suivantes : évaluation détaillée par la Commission européenne des incidences des mesures communautaires sur le secteur du tourisme et prise en considération des intéràªts et besoins du secteur du tourisme lors de la formulation des mesures ; renforcement du rà´le du « Comité consultatif dans le domaine du tourisme  » (créé en 1986 par décision du Conseil des ministres) pour discuter de tous les sujets qui touchent aux intéràªts des à‰tats membres ; organisation d’un Forum européen annuel du Tourisme pour discuter des sujets prioritaires pour le secteur et qui réunit des responsables de haut niveau de la profession du tourisme, de la société civile et des autorités européennes, nationales et régionales, responsables du tourisme ; renforcement de l’interaction entre les acteurs dans les lieux touristiques à travers la création de réseaux ; mise en réseau des centres d’expertise dans le secteur du tourisme qui fournissent l’infrastructure et le support de base pour mieux répondre aux besoins des acteurs du tourisme, évaluation et mesure des évolutions du secteur ; aux à‰tats membres, aux collectivités territoriales et à la profession du tourisme de mettre en place les mécanismes pour une bonne utilisation des instruments communautaires, qu’ils soient financiers ou non financiers ; amélioration des informations statistiques sur le tourisme par le biais de l’utilisation des Comptes Satellites du Tourisme, une série d’indicateurs développés par l’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT), l’Organisation de Coopération et de Développement à‰conomiques (OCDE) et Eurostat afin de mieux comprendre les multiples activités touristiques en Europe ; définition et exécution d’un agenda pour le développement durable dans le secteur du tourisme (protection des ressources naturelles, intégration des problèmes d’environnement et de pauvreté dans la politique du Tourisme, amélioration de la participation de l’ensemble des acteurs, Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE) ; définition d’orientations (manuels) concertées au niveau européen dans les domaines de la meilleure accessibilité des sites et infrastructures touristiques pour les handicapés et de l’innovation des activités des professionnels ; élaboration et dissémination de méthodes et outils de mesure (indicateurs de qualité et étalonnage).
7. La Commission européenne et les à‰tats membres ont coopéré intensément en ce qui concerne les thèmes de cette Communication dans les groupes de travail qui ont été créés suite aux Conclusions du Conseil du 21 juin 1999 (cf. plus haut). Les organisations professionnelles et de la société civile y ont été étroitement liées
8. La Communication a surtout pour but d’augmenter la base de connaissances du secteur touristique, la compétitivité de ses entreprises, le développement durable du tourisme et sa contribution à la création d’emplois par le biais de la création d’un cadre opérationnel pour le suivi des politiques et des activités touristiques dans l’Union européenne et des mesures spécifiques.

Association Francophone des Experts et Scientifiques du Tourisme